Intelligence émotionnelle & pleine conscience

Ces alliées au travail comme à la maison

par la fantastique Maddastic

Commençons par le commencement

Ce principe se réfère à “la capacité de reconnaître, comprendre et maîtriser ses propres émotions et à composer avec les émotions des autres personnes”. Selon Peter Salovey et John Mayer, elle comporte deux dimensions principales. La première, “expérientielle”, est la capacité à distinguer et à manier l’information émotionnelle ainsi qu’à y réagir sans forcément la comprendre. La deuxième, “stratégique”, est la capacité à comprendre et à gérer les émotions sans nécessairement bien saisir les sentiments ou les ressentir complètement.

Pour bien comprendre cette notion, il est important de savoir que nous sommes armés de quatre différents types d’opérations mentales: la motivation, les émotions, les cognitions et la conscience. En bref, les motivations répondent à nos besoins de base, tels que la faim, la soif, le besoin de contacts sociaux et le désir sexuel. Concernant les émotions, elles apparaissent pour signaler les changements dans les relations entre nous-mêmes et notre environnement afin de fournir une réponse adéquate. Par exemple, la colère apparaît due à une forme d’intrusion et la peur en réponse au danger. Quant aux cognitions, elles nous permettent d’apprendre de notre environnement et de résoudre des difficultés dans de nouvelles situations. Ainsi, l’intelligence émotionnelle est à l’intersection des émotions et des cognitions.

À partir de ces bases, beaucoup d’études et de recherches ont été établies autour de ce concept d’intelligence émotionnelle. Cependant, les cinq piliers de base ont été définis et sont les suivants :
1. la conscience de soi
2. la maîtrise de soi
3. la motivation interne
4. la conscience sociale/l’empathie
5. la gestion des relations/les compétences sociales

L’empathie, par exemple, est l’un des grands sujets à la mode en ce moment, spécialement au sein d’équipes de développement de produit ou de service. Elle se trouve au coeur du design thinking mais aussi plus globalement, de l’innovation. Il s’agit aussi d’une compétence cruciale en leadership.

Le deuxième concept à introduire est celui de la pleine conscience. Elle a été introduite en 1979 par le médecin et chercheur américain Jon Kabat-Zinn. La pleine conscience consiste à porter intentionnellement attention aux expériences internes (sensations, émotions, pensées, états d’esprit) ou externes du moment présent, sans porter de jugement. Originellement, l’idée était de soigner le stress et diminuer l’intensité de la douleur. Au-delà des bénéfices positifs sur la santé, la pleine conscience nous permet de nous ouvrir et d’accepter l’expérience en cours, telle qu’elle est. Cela nous aide donc à développer des compétences émotionnelles, telles que le calme et la résilience.

Prenons donc le temps d’inspirer… et d’expirer… pour prendre conscience de ce qu’il se passe, à l’instant. L’atout majeur de l’être humain est sa capacité cérébrale à raisonner, analyser son environnement et communiquer. Il serait donc dommage de survoler notre quotidien et d’agir machinalement tel un robot, non?

Pas forcément évident, mais salutaire

“Lorsque tu ne peux pas contrôler ce qui se passe, mets-toi au défi de contrôler la façon dont tu réagis à ce qui se passe. C’est là qu’est ton pouvoir.” – inconnu

Ensuite, accepter que notre perception n’est pas absolue. Ne surtout pas éviter cette émotion, mais plutôt l’altérer en relativisant et en agissant en accord avec nos valeurs. Ne pas faire les choses machinalement et s’imprégner de ce que nous faisons est probablement le principe principal de l’état de pleine conscience. Par conséquent, donner du sens ou une raison d’être à ce que nous faisons aide à se connecter et à s’approprier une tâche. Cela devient plus enrichissant et améliore notre performance. En étant ancré avec le moment présent et en étant conscient de notre environnement, il devient plus facile de prêter attention, nous devenons plus créatifs et plus ouverts aux opportunités qui se présentent. De plus, nous apprécions plus les gens, car nous sommes moins dans le jugement. Nous vivons tout en étant ouverts aux autres et à ce qui se passe. En sortant de nos patterns machinaux, nous sommes aussi plus à même à innover. Cela implique ne pas avoir peur d’échouer, car tout est relatif — cela dépend du contexte et de comment on le perçoit. En appliquant la pleine conscience et en développant notre intelligence émotionnelle, nous avons tendance à être aussi plus spontanés, plus authentiques et développons donc un certain charisme.

Parfois, nous avons tendance à laisser errer notre esprit lorsque quelqu’un nous parle, ou alors à réfléchir à ce que nous allons dire lorsque ce sera notre tour de parler. Un exercice concret et plutôt efficace est l’écoute attentive et authentique. Focaliser notre attention sur un ami par exemple, sur ses émotions et sur le message qu‘il veut nous transmettre, sans jugement, rend le moment plus qualitatif, plus profond, plus empathique et plus chaleureux. Laisser la place à l’autre et ne pas ramener ce qu’il exprime à nous-mêmes est aussi une preuve de respect, de valorisation et une forme de dialogue beaucoup plus constructive.

Un esprit sain pour un environnement de travail sain

Par ailleurs, l’intelligence émotionnelle est déjà de nos jours une compétence recherchée et analysée, lors d’un entretien d’embauche par exemple. Nos formations ou notre caractère ne font pas forcément de nous un bon patron ni un collègue compétent. L’université de Genève a d’ailleurs récemment développé GECO, un système pour tester l’intelligence émotionnelle d’un employé, permettant d’évaluer ses aptitudes dans son contexte professionnel et ses capacités de leadership dans ses relations interpersonnelles. En effet, l’intelligence émotionnelle est principalement reflétée par une plus grande empathie, une plus grande ouverture envers autrui, un respect des règles morales et globalement un tempérament positif.

”Être à la fois doux et fort est une combinaison que très peu de gens maîtrisent.” – Yasmin Mogahed

En devenant tous plus mature émotionnellement, cela nous permettrait de mieux fonctionner ensemble et de bénéficier des conséquences positives qui en sont engendrées. D’ailleurs, The School of Life ont articulé un livre et des programmes autour de 20 compétences émotionnelles fondamentales qu‘ils pensent que chaque employé devrait apprendre pour mieux contribuer et s’épanouir sur son lieu de travail. Les 20 aptitudes listées sont les suivantes: l’adaptabilité, le calme, le charme, la communication, l’assurance, la créativité, l’esprit de décision, la diplomatie, l’efficacité, l’éloquence, l’empathie, l’entrepreunariat, l’innovation, le leadership, l’objectivité, l’aspect ludique, la raison d’être, la résilience, la conscience de soi et le soutien. Effectivement, cela en fait beaucoup et il y en a probablement d’autres. Cependant, le but n’est pas forcément de les maîtriser toutes, mais au moins d’en prendre conscience, et de réfléchir où et comment nous pouvons nous améliorer.

Étant donné que nous passons près d’un tiers de notre vie au travail, idéalement, notre emploi représente plus qu’un simple gagne-pain — il s’agit aussi d’un espace où nous nous développons personnellement. Par conséquent, nous pouvons imaginer que le principe de “conciliation travail-vie privée” est obsolète, car cela signifie qu’ils sont divisés et incompatibles. Car en fait, ce sont simplement des choses que nous faisons dans notre vie avec leur lot de stress et d’éléments à respecter. Les gens ont peut-être trop pris le réflexe de les séparer. Si nous intégrons harmonieusement tout ce que nous faisons, il n’y a pas besoin de parler d’équilibre. Le tout est de se baser sur nos valeurs et de prioriser selon celles-ci. La vie est un ensemble de moments — donc si nous faisons en sorte que chaque moment compte, tout compte!

Une stratégie pour aujourd’hui et demain

“Éduquer l’esprit sans éduquer le cœur n’est pas une éducation du tout.” — Aristote

L’intelligence émotionnelle et la pleine conscience sont donc une piste où leurs bienfaits peuvent avoir une grande portée. Cependant, comme tout bon outil ou conseil qui se respecte, il ne faut pas en faire une recette exacte ou l’utiliser à toutes les sauces sans se poser de questions. N’oublions jamais que chaque individu a une perception, un bagage et des besoins différents. Le tout est de trouver son équilibre, à sa manière!

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